

Pour une apiculture respectueuse de la nature sauvage de l’abeille noire !
L’abeille noire négligée et l’abeille à miel kidnappée par l’apiculture moderne, pendant la « parenthèse malheureuse » de la modernité que décrit Pierre Rabhi, doivent maintenant être restituées à l’espèce et aux écosystèmes. Les apiculteurs importent de plus en plus de reines étrangères et produisent de moins en moins de miel : il y a quelque chose qui ne tourne pas rond !

Maillon essentiel de la biodiversité, au cœur de la chaîne alimentaire, l’abeille noire est un insecte pollinisateur clé de voûte irremplaçable. Il y a 30 ans, c’était une espèce d’une grande vigueur. Aujourd’hui, dans un contexte écologique dégradé, les essaims d’abeilles noires sauvages ont bien du mal à exister. L’abeille à miel devient une espèce de plus en plus domestiquée. L’abeille noire délaissée, parfois méprisée par l’apiculture moderne devient de plus en plus rare. Les essaims sauvages de l’abeille Apis mellifera sont désormais inscrits sur la liste rouge de l’UICN (danger d’extinction).
Dans certains pays européens, l’abeille noire Apis mellifera mellifera a déjà totalement disparu. Plusieurs causes expliquent ce phénomène : les pesticides (néonicotinoïdes), des cycles de floraison bouleversés avec le changement climatique, des parasites, etc. Mais surtout l’apiculture elle-même qui choisit d’élever des races importées, sélectionnées plutôt que les abeilles directement disponibles sur place. L’apiculture, qui vise à réduire l’essaimage en contrôlant la reproduction des abeilles, restreint leur autonomie et les rapproche du modèle agricole standardisé en les rendant dépendantes.


La dégradation des écosystèmes, le besoin de maîtrise et le focus sur la production de miel ont poussé les apiculteurs à favoriser des espèces plus productives et à renouveler avec des abeilles d’importation les colonies qui mourraient. En conséquence, les hybridations ont modifié le patrimoine génétique de l’abeille noire, ses caractéristiques de rusticité et d’adaptation au milieu local sont en train de disparaître… L’apiculture n’est ainsi plus durable ! Si nous laissons faire, il n’y aura plus de population naturelle. C’est une menace majeure contre laquelle seuls, isolement, nous ne pouvons pas grand chose. Votre soutien est indispensable !

Pour tenter de sauver ce qui peut l’être encore, des associations d’apiculteurs ont entrepris la création de conservatoires et en 2015, la Fédération européenne des conservatoires de l’abeille noire (FEdCAN) a vu le jour avec pour but, de préserver et de promouvoir l’abeille endémique de l’Europe de l’ouest. Les conservatoires de l’abeille noire (une dizaine en France) sont des espaces d’environ 20km de diamètre au sein desquels les apiculteurs s’accordent par leurs pratiques à poursuivre un objectif commun : celui de la préservation de la sous-espèce d’abeille mellifère Apis mellifera mellifera, l’abeille noire.

Le conservatoire des Boutières et l’association « L’abeille noire des Boutières », en Ardèche, transmettent des pratiques respectueuses des abeilles locales et de la biodiversité. Cours, stages, ateliers ou conférences sont proposés. Le mot d’ordre : une apiculture naturelle qui accompagne l’abeille sauvage du pays et qui veut garantir, dans la durée, la pérennité de l’espèce. L’association cherche ainsi à redonner du sens à une apiculture qui n’en a plus, si ce n’est celui de participer à un système agro-industriel que notre société appelle à passer à la post-modernité.
Les abeilles à miel ne sont pas la propriété des apiculteurs ; elles sont au contraire les partenaires potentiels de tous les humains. Les conservatoires, ce sont des réservoirs de diversité génétique, d’abord pour l’espèce elle-même, pour l’apiculture ensuite. La conservation n’est ainsi pas là pour s’opposer à l’apiculture, elle peut la rendre beaucoup plus durable. L’abeille noire ne peut pas – et surtout ne doit pas – être totalement domestiquée.

Nature & Progrès

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Vincent CANOVA, Roubuols, 07190 Gluiras (France)
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